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E3 - L'utilisation des animaux en recherche

Dans les sciences biomédicales et dans quelques autres domaines, le recours à l'expérimentation sur les animaux est essentiel. Ce type d'expérimentation exige toutefois que l'on prenne en considération les principes et règles éthiques concernant la manière dont les animaux doivent être traités. Il s'agit d'une question assez délicate : entre les groupes de défense des droits des animaux, dont les fractions les plus extrémistes vont jusqu'à user de tactiques s'apparentant au terrorisme, et les personnes qui n'accordent aucune importance aux conditions de vie des animaux, ou même à leur survie, toute une gamme de positions s'expriment. Il est en même temps facile de voir dans les positions des défenseurs des animaux un sentimentalisme déplacé, quand on songe que les animaux domestiques des pays fortement industrialisés sont la plupart du temps mieux nourris et mieux traités que la majorité des humains.

Quoi qu'il en soit, des règles s'appliquant au traitement des animaux en recherche ont été émises par des organismes comme le Conseil canadien de protection des animaux (CCPA) et le National Academy of Sciences américain. Les grands conseils subventionnaires canadiens ont d'ailleurs intégré les politiques et lignes directrices du CCPA et en ont fait une exigence pour tous les projets qu'ils financent.

Ces lignes directrices portent d'abord sur les conditions dans lesquelles doivent être gardés et traités les animaux avant qu'ils ne soient utilisés pour la recherche, ne serait-ce que pour qu'ils soient dans un état qui leur permette de répondre convenablement aux objectifs de l'expérimentation.

Elles visent également à diminuer, de manière globale, les effets négatifs des recherches sur les animaux. À cet égard, on a proposé la règle dite des trois R :

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Remplacer autant que possible les expérimentations sur des animaux par des expérimentations in vitro, voire par la simulation informatique et même la réalité virtuelle. Bien qu'il soit utopique de songer que l'usage des animaux en recherche pourrait être totalement éliminé par le recours à ces méthodes alternatives, certains domaines s'y prêtent mieux que d'autres. Ainsi, dans l'enseignement, une bonne partie des objectifs d'apprentissage des activités de laboratoire pourraient être atteints par le recours à des laboratoires virtuels.

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Réduire au maximum le nombre d'animaux requis pour atteindre les objectifs de la recherche.

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Raffiner les procédures pour éviter non seulement la mort de l'animal, mais aussi limiter ou enrayer la douleur et les souffrances qu'il subit. Les méthodes modernes d'imagerie et les sondes non destructives peuvent ainsi dans certains cas remplacer la vivisection; les anesthésiants doivent être employés le plus souvent possible, et de manière appropriée. Bien qu'il soit difficile de savoir ce que ressentent effectivement les animaux et quelles sont les différences ou les similitudes avec les humains à cet égard, une attitude de compassion doit animer le chercheur et les divers personnels participant à l'expérimentation.
  

De façon générale, des animaux vivants doivent être utilisés seulement quand aucun autre moyen ne permet d'arriver aux résultats recherchés; les espèces employées doivent être choisies en fonction de ces résultats. De plus, des espèces menacées ne doivent jamais servir à des fins d'expérimentation, sauf pour une recherche visant à mettre au point des moyens de les protéger.

  

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