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E2 -
L'expérimentation sur ou avec des humains
Dans plusieurs disciplines scientifiques, une
partie des projets de recherche exigent le recours à
des participants humains. On songe bien sûr à
des disciplines relevant des sciences de la santé et
des sciences humaines, mais cela se voit aussi dans des
domaines auxquels on ne penserait pas à
première vue, comme l'ingénierie (pour la
recherche et le développement de produits) ou
l'informatique (pour les tests et validations d'interfaces
et de logiciels).
Or, l'Histoire relativement récente
recèle des exemples d'abus manifestes commis envers
des humains au nom de la recherche. On songe ici aux travaux
de médecins nazis dans les camps de concentration
allemands lors de la Deuxième guerre mondiale, ou
encore à ceux qu'a menés ou financés la
CIA américaine, avec la collaboration de chercheurs
universitaires, dans les années 1950 et 1960
concernant divers moyens d'influencer le comportement
humain. C'est pour éviter que de tels
événements se reproduisent que les organismes
nationaux ont émis des règles et directives
s'appliquant à l'expérimentation sur ou avec
des humains et visant à protéger ceux-ci.
Au Canada, les trois grands conseils
subventionnaires fédéraux (en sciences
naturelles et génie, en sciences humaines et en
santé) ont adopté une politique commune en la
matière. Cette politique comprend une série de
principes et de directives devant guider les chercheurs dans
leurs travaux. Elle exige aussi que les
établissements qui bénéficient de leur
financement mettent en place des comités
d'éthique pour la recherche (CÉR), dont le
rôle est d'évaluer sur le plan éthique,
à toutes les étapes de leur
réalisation, les projets de recherche touchant des
humains. Les organismes subventionnaires
québécois et les établissements de
recherche ont également adopté ces directives
et exigent que les chercheurs qu'ils financent ou qu'ils
emploient s'y conforment. À cet égard, chaque projet
avec participants humains doté d'un financement doit faire l'objet
d'une demande de certificat d'éthique, logée
auprès du CÉR de l'établissement; en règle
générale, l'obtention de ce certificat est nécessaire pour
que les fonds soient débloqués.
Selon ces principes et directives, le
bien-être, l'intégrité et, de
manière générale, le respect des droits
de l'individu ou de la collectivité sous étude
doivent être une préoccupation de premier plan
dans toute démarche expérimentale avec des
participants humains. Dans cette optique, on aura
intérêt à s'inspirer du questionnement
suivant au moment de planifier une expérimentation de
ce type.
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Un expérimentation qui n'exigerait pas
le recours à des participants humains pourrait-elle
fournir les mêmes résultats, ou des
résultats de même valeur? Sinon, pourrait-on
utiliser des animaux (dans ce cas, en respectant les
principes et règles éthiques décrites
au texte
E3)?
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A-t-on recours au nombre minimal de
participants requis pour que les résultats soient
valides?
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Les participants subiront-ils ou
risqueront-ils de subir des inconvénients, voire des
dommages physiques ou psychologiques? Si oui, peut-on
prendre des mesures pour s'assurer de minimiser ces
inconvénients ou ces risques?
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Les risques subis par les participants
sont-ils justifiés compte tenu de l'objectif de la
recherche et des bénéfices attendus, tant pour
les participants que pour la collectivité?
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Les participants font-ils partie d'une
catégorie de personnes, susceptibles du fait de leur
situation (financière ou autre) d'accepter des
risques que d'autres jugeraient inacceptables?
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De plus, toute expérimentation avec
des participants humains exige leur consentement
éclairé, c'est-à-dire que les
participants doivent confirmer le caractère
volontaire de leur participation à la recherche. Ce
consentement peut provenir des parents ou des tuteurs, dans
le cas des enfants, ou de toute autorité
compétente si le participant n'a pas la
capacité de se prononcer.
Ce consentement éclairé repose
sur l'absence de pressions pouvant inciter les participants
sollicités à consentir à cette
participation. On songe ici, par exemple, aux pressions que
pourrait exercer un employeur qui finance une recherche,
menée auprès de ses employés, dont les
résultats l'intéressent, ou au professeur qui
recrute comme participants des étudiants dont il
évalue par ailleurs les travaux.
Il repose aussi sur la connaissance, chez les
participants :
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des buts de la recherche;
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de la nature de l'expérimentation;
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des inconvénients et des risques
associés à leur participation à
l'expérimentation;
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des avantages qu'eux-mêmes ou d'autres
peuvent en retirer;
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des mesures visant à assurer le
respect de la confidentialité à toutes les
étapes de la recherche, notamment au moment de la
diffusion des résultats.
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Ces mesures peuvent comprendre,
notamment :
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la codification des données
nominatives;
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le maintien au minimum du nombre de personnes
pouvant entrer en contact avec les données;
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la signature d'un engagement de
confidentialité par toutes ces personnes;
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un contrôle étroit de
l'accès aux données, surtout quand celles-ci
sont stockées ou transmises en
électroniquement;
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une protection adéquate contre le vol
ou tout usage inapproprié des données;
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une attention particulière, au moment
de la rédaction des documents décrivant les
travaux, pour éviter que des recoupements
d'informations permettent d'identifier un participant ou un
groupe de participants.
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Il faut remettre aux participants, avant le
début de l'expérimentation, un document,
appelé formulaire de consentement,
signé par les responsables de la recherche et par le
participant. Ce formulaire décrit
succinctement :
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les buts de la recherche;
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le rôle qu'y jouent les participants
(sans donner de détails qui pourraient influencer
leur comportement, ce qui pourrait invalider les
résultats de la recherche);
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les avantages et inconvénients que
peut entraîner la participation à la
recherche;
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les mesures prises pour garantir le respect
de la confidentialité et l'engagement des chercheurs
à cet égard;
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la ou les personnes à contacter en cas
de questionnement ou d'insatisfaction relativement aux
aspects éthiques de la recherche.
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Le formulaire indique également aux
participants que, s'ils le désirent, ils seront
informés des résultats de la recherche,
normalement au moment de leur diffusion.
Lorsque l'obtention de la signature des
participants n'est pas souhaitable, ou qu'elle est
carrément impossible, il faut tout de même
s'assurer de leur consentement après leur avoir
communiqué tous ces éléments, oralement
et (ou) dans un document écrit.
Vous pouvez consulter un gabarit de formulaire
de consentement standard.
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